Arnaud Beltrame : un homme ,un Héros..

INFO OBS. Arnaud Beltrame, qui a sacrifié sa vie pour sauver une otage à Trèbes, avait mené une opération antiterroriste en 2005 en Irak. « Au péril de sa vie », selon sa hiérarchie, il avait récupéré une Française sur le point d’être enlevée. A un haut diplomate, le gendarme confiait déjà « son enthousiasme et son sens du sacrifice ».

Quand Arnaud Beltrame sauvait une otage en Irak « au péril de sa vie »

Ce fait d’armes-là n’avait pas vocation à être raconté publiquement. Arnaud Beltrame, à l’époque, n’était pas le héros national que la France s’apprête à célébrer mais un anonyme gendarme d’élite, tout juste admis à l’Escadron parachutiste d’intervention de la Gendarmerie nationale (EPIGN), l’ancêtre du GIGN. Ses ordres de mission étaient confidentiels. Ses opérations, secrètes comme le sont toujours celles des forces françaises à l’étranger, surtout en temps de guerre. Les seuls indices de ses exploits passés figuraient sur le tableau des médailles qu’il avait reçues et dans les paroles de ses proches.
Sa mère, tout en pudeur, expliquait ainsi ce lundi matin sur RTL qu’elle n’avait pas été surprise que son fils vienne se substituer à l’otage retenue dans le Super U de Trèbes par le djihadiste Radouane Lakdim.

« Il a déjà eu des situations analogues. Il était évident qu’il ne resterait pas passif et qu’il irait assister son prochain », glissait-elle, allusive.
En réalité, seuls les initiés pouvaient comprendre que le geste héroïque d’Arnaud Beltrame à Trèbes n’était pas le seul. Une action d’éclat assez similaire avait déjà eu lieu, non dans un supermarché tranquille de l’Aude mais dans une zone de guerre.

Un fait d’armes resté discret

C’était le 7 septembre 2005 à Bagdad. Arnaud Beltrame est alors affecté pour une mission de trois mois dans une équipe dédiée de l’EPIGN. Il est le « chef du détachement gendarmerie » en Irak. Missions : protéger l’ambassade située dans la zone rouge de Bagdad, participer à la protection rapprochée des diplomates et sécuriser les convois entre la ville et l’aéroport. La guerre fait rage. Et le climat pour les Français est tendu : la journaliste Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun, pris en otages durant cinq mois, ont été libérés juste avant l’été. Tous les ressortissants occidentaux sont susceptibles d’être enlevés. L’ambassadeur de France lui-même a été exfiltré durant quelques semaines à Paris en raison d’informations précises évoquant une action imminente.
Chuteur opérationnel, c’est-à-dire apte au saut en parachute à haute altitude comme le pratiquent les commandos, familier du maniement des armes, Arnaud Beltrame est aussi à Bagdad en lien avec les services de renseignement français et américains présents sur place. Les informations s’échangent sur les attentats en ville – une soixantaine par jour et surtout les menaces de rapts.
Ce jour-là, l’alerte est donnée au sujet d’une Française installée en Irak depuis plusieurs mois. Venue deux ans auparavant avec d’autres militants pacifistes, elle voulait, avant la chute de Saddam Hussein, jouer le rôle de bouclier humain sur des sites stratégiques bagdadi pour tenter de dissuader les Américains de viser la ville avec leurs missiles Tomahawk. Las, la guerre a éclaté entre-temps, la laissant esseulée à l’hôtel Palestine, en plein centre, menacée par les bombardements. Et visée par les groupes terroristes pour qui cette humanitaire française serait une otage idéale.
Cette fois, d’après les informations reçues par les Français, son enlèvement est imminent. Arnaud Beltrame et ses hommes sont donc chargés de la localiser, de la protéger et de la ramener vers l’aéroport. Il faut traverser la ville, convaincre la Française et la ramener. Aucun commentaire public de l’opération. Mais pour le gendarme français, une décoration militaire exceptionnelle décernée uniquement aux soldats qui se sont illustrés pour une « action d’éclat ».
« Arnaud ne parlait jamais en public de ses missions opérationnelles », confie à « l’Obs » l’un de ses amis d’Avranches où Arnaud Beltrame était à la tête de la Compagnie Sud-Manche.
« Il n’était pas du genre à dévoiler ce genre de choses… »

Suite sur https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/quand-arnaud-beltrame-sauvait-une-otage-en-irak-au-péril-de-sa-vie/ar-BBKISKM?li=BBwlBpb&ocid=spartanntp

Auteur de l’article : Admin

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