CCIR : Ibrahim Patel, ses projets et… son plan social pour 2018

Profitant de la présentation de ses vœux à la presse, hier matin, au siège de la Chambre de commerce et d’industrie de la Réunion, rue de Paris, le président Ibrahim Patel, qui en est à son deuxième mandat, a dressé un bilan de la chambre consulaire. Sans langue de bois. Avec son style. Simple, direct et plutôt efficace même s’il le sait, « les années qui viennent ne seront pas faciles et qu’il y a des choix qui ne seront pas faits de gaieté de cœur ».
A commencer par le plan social dont la procédure est déjà enclenchée, du moins au niveau des discussions. « On n’a pas le choix », a répété, hier, le président Patel depuis la salle de réunion de la CCIR où l’on pouvait également entendre la sono de la CGTR installée sur le trottoir d’en face et où une soixantaine de salariés de la Chambre avaient décidé de faire grève pour dénoncer « le manque de transparence » relatif à ce plan social. Comme nous l’a déclaré quelques minutes auparavant Corine Ramoune, la déléguée syndicale, « les employés n’ont aucune information pour l’instant. Ce plan a été annoncé dans la presse et nous voulons plus de transparence… S’il y a des problèmes financiers, tout le monde devrait réduire son train de vie à la CCIR, y compris les élus » D’où la manifestation organisée par la CGTR au moment même où le président Ibrahim recevait la presse pour présenter ses vœux.
Une grève que ne conteste évidemment pas l’exécutif de la CCIR, conscient que le plan social puisse inquiéter le personnel, « de la même façon qu’il m’interpelle moi et les élus, mais nous ferons tout pour qu’il soit le moins douloureux possible ».
Et Ibrahim Patel d’expliquer : « dès 2011 Bercy nous avait recommandé un plan avec 70 personnes, mais j’ai catégoriquement refusé. De toutes les CCI de France et de Navarre, seule celle de la Réunion a refusé la mise en place d’un plan social. Partout ailleurs, dans l’hexagone comme dans les autres DOM, 5000 personnes ont été remerciées. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas faire autrement ». Malgré tout, Ibrahim Patel se veut rassurant. « Ce plan prévoit des départs volontaires, des départs à la retraite. Très peu de personnes seront concernées par les licenciements : une petite vingtaine. J’ai déjà rencontré la CGTR. Mais ils ont malgré tout décidé de faire grève, qui est un droit social inscrit dans la Constitution, que je respecte… »

Tout au long de son discours devant un certain nombre d’élus consulaires qui avaient fait le déplacement, Ibrahim Patel a expliqué pourquoi il était contraint de procéder à une telle mesure. Mais juste avant, il a souhaité apporté son soutien aux chefs d’entreprise du cirque de Cilaos dont la commune toujours quasi enclavée a été durement touchée par la tempête Berguitta. A ce propos, avec ses services et certains élus, le président Patel se rendra à Cilaos demain dans la matinée afin de rencontrer sur place les acteurs du monde économique et voir comment la Chambre peut « les aider au mieux ».
Pour revenir au plan social de la CCIR qui se fera en deux volets (en juin puis au cours du second semestre 2018) et sur la base de quatre critères bien définis (départ volontaire, retraite, activité non rentable et réorganisation des services), le président a indiqué qu’il n’y avait pas d’autre issue en raison de la situation financière de la CCIR. Un exemple parmi tant d’autres : la taxe des frais de chambre (TFC) passant de 8,8 millions d’euros à 2012 à 4,8 millions d’euros à 2018, soit une perte de l’ordre de 44,51%, à savoir 3,9 millions d’euros. Sans compter que ses prédécesseurs ne lui avaient pas laissé des comptes équilibrés. « Il nous a fallu faire la chasse aux revenus locatifs, tous ces terrains exploités mais qui n’avaient jamais été payés. Il y avait énormément d’impayés, des chèques bien présents de 80 000, 100 000 euros mais jamais encaissés. Les gens ont piqué des terrains de la Chambre ». Autrement dit, certaines personnes ou collectivités ont fait leur beurre sur des terrains exploités mais non payés. « Le premier gros dossier qu’on a récupéré à mon arrivée c’est le terrain (plus de 9000 m2) sur lequel est installé la Nordev géré par la Cinor. Eric Magamootoo et le défunt président Macé ont été usés par ces dossiers… Nos services ont retrouvé de nombreux terrains. On en trouve même quasiment tous les jours… Toute cette situation du passé a beaucoup joué sur les finances de la chambre », laisse entendre le président Patel, qui n’a donc pas hésité à donner un coup de pied dans la fourmilière dès son élection à la tête de la CCIR, en obtenant 20 sièges, la première fois, et 36 depuis l’année dernière. Dès lors qu’il s’est mis à bousculer un fonctionnement qui profitait aux plus « gros », on peut comprendre qu’il ne s’est pas fait que des amis. Ce qui pourrait expliquer d’une certaine façon le lynchage médiatique dont il aurait fait l’objet durant ces derniers mois. Mais qu’à cela ne tienne, Ibrahim Patel se fiche « des ladilafé ». Droit dans ses bottes et à l’aise dans ses chaussures (très vernies), il reste convaincu que « seul le travail compte » et que « la vérité finit toujours par triompher du mensonge et de la haine ».
Ibrahim Patel se dit être un « président confiant » qui avance avec les yeux rivés sur les projets décidés par sa majorité. « Mes élus sont avec moi et nous travaillons dans un climat de confiance mutuelle dans le cadre d’une démarche décidée de façon collégiale ».

Retrouvez l’intégralité de l’article sur: http://freedom.fr/ccir-ibrahim-patel-ses-projets-et-son-plan-social-pour-2018/

Auteur de l’article : Admin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *